Depuis que je suis maman

Il y a un avant et un après : comme si nous pouvions être plusieurs personnes au cours d’une vie, comme si nous avions plusieurs vies en une seule. Des vies qui se superposent, se suivent mais ne se ressemblent pas.

J’aime beaucoup cette idée, je suis une adepte du renouveau, du pardon, de l’apprentissage par l’erreur. Le fait de me dire que j’ai pu être une autre personne que celle que je suis aujourd’hui m’aide à ne pas me détester pour mes erreurs passées, et en même temps cela fait partie de moi et m’a aidée à me construire.

il faut neuf mois pour donner la vie, neuf mois pour s’en remettre, dans certains principes de vie les cycles vont par neuf. Chacun y verra ce qu’il souhaite et fera ses propres comptes.

margaux dans son fauteuil dans sa chambre

Mes neufs premières années de vie de couple ont été très mouvementées : un mariage, une maison, quatre enfants. J’étais dans l’apprentissage de mon rôle de maman et de maîtresse de maison. Aujourd’hui j’ai appris énormément et j’envisage mon nouveau rôle de maman d’enfants plus âgés, induisant du temps supplémentaire pour moi.

Depuis que je suis maman je suis donc une autre personne, la même mais différente. Je suis une angoissée permanente qui sait bien le cacher. C’est une des premières choses que j’ai apprises avec ce rôle : dès que Maxence est né je me suis posée des tonnes de questions, j’ai eu peur pour lui, et ça a continué avec tous mes enfants, sans jamais s’arrêter. D’ailleurs ça ne s’arrêtera jamais, je l’ai bien compris. Mais tout l’art d’être mère est dans le camouflage de ces peurs, évitant ainsi à nos enfants de perdre trop vite leur innocence.

Avant d’avoir des enfants, j’étais une mère parfaite. J’avais de grands principes. Mes enfants ne seraient jamais … je ne ferai jamais … je serai toujours … Vous voyez ce que je veux dire non ?! Aujourd’hui je suis la meilleure des mères ! Si si je vous assure : mais seulement dans ma tête. Ça m’aide juste à me dire que je fais les choses à ma façon, sans pression, avec le seul but de voir mes enfants grandir avec les bonnes clés pour avancer et devenir autonomes, capables de prendre les bonnes décisions.

pause zen en noir et blanc

Aujourd’hui je sais encore mieux où se situent mes limites. La patience, la fatigue, la colère, l’amour … tous ces sentiments mélangés ou non, que l’on apprend à apprivoiser, nous les connaissons. J’ai appris que je pouvais aller encore plus loin. J’imagine que si je me retrouvais sur une île déserte avec un couteau et une allumette, je repousserai mes limites à nouveau (enfin je l’espère du moins !). Mais on va s’arrêter au rôle de parent qui m’a bien suffit à mieux me cerner !

Je me suis aussi découvert un côté “perroquet” … que je préférerai mettre de côté évidemment. Mais sachez-le, vous futurs parents, entraînez-vous, il va vous en falloir du vocabulaire pour ne pas avoir l’impression de revivre la même journée inlassablement : peux-tu ranger ta chambre ? peux-tu éteindre la lumière quand tu sors d’une pièce ? peux-tu tirer la chasse d’eau ? peux-tu terminer ta partie de jeu vidéo ? Bon en demandant gentiment et poliment ça se passe mieux quand même.

Sinon je peux aussi me targuer de nouveaux pouvoirs personnels :

  • Je me suis découverte en pro du Tetris (quand il s’agit de faire rentrer 6 valises dans le coffre d’une twingo).
  • J’aime porter fièrement des colliers multicolores en élastiques patiemment fabriqués par les petites mains de mes enfants.
  • Je sais plier et déplier des poussettes et des lits parapluie plus vite que mon ombre.
  • Je n’ai plus besoin de me boucher le nez pour changer une couche atomique, ni pour éplucher un oignon d’ailleurs.
  • Je maîtrise à la perfection la cuisson des coquillettes et de la purée mousseline.
  • Je n’ai plus de jour de RTT ou de journée “enfant malade”, étant en congé parental, mais deux heures sans enfant me suffisent pour avoir eu l’impression d’avoir pris deux semaines de vacances. C’est mon employeur qui sera ravi de l’apprendre !

On rigole mais il faut l’avouer, devenir parent est le rôle de toute une vie en ce qui me concerne. Si mes “moi” précédents étaient intenses et de courtes durées, j’espère bien que ce rôle-ci sera le plus beau et le plus long. Et cette fois-ci, mon rôle de maman cohabitera avec les autres. C’est l’une des choses les plus riches que j’ai apprises : être capable d’être là pour sa famille, ses amis, son mari, ses collègues … mais aussi pour soi !

Un petit mot ça fait toujours plaisir :)

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  1. Bonsoir, merci pour cet article. Il aborde la bienveillance envers soi même que j’essaie d’appliquer aussi. J’ai eu mon fils il y a dix ans, n’ai pas eu encore la chance de lui donner un frère ou une sœur mais je me sens grandie, je ne suis plus cette personne sans confiance et trop à l’écoute des « autres ». Bises, A.

  2. Plusieurs personnes en une vie, c’est exactement ça… Comment on a fait pour vivre sans eux, avant ?… Un rôle de maman en filigrane de tout le reste
    C’est un très bel article, ça fait du bien à lire, comme les autres d’ailleurs, celui-là raisonne bien pour moi qui a 3 enfants(6ans,4ans et 9mois) et qui attend le 4e mais chuuuut ça reste entre nous
    Je me sens exister grâce à mon mari qui est le plus doux et solide à la fois, et aux rires et câlins de mes enfants, je les aime tous si fort que plus rien de négatif n’arrive à m’atteindre, alors que j’étais timide, introvertie, soucieuse de plaire à la majorité… Il ne me manque plus que l’étape où je m’occupe de moi et tout sera parfait
    9ans que je vis ma 2ème vie, celle dont je rêvais secrètement depuis toujours
    Encore merci de mettre de si jolis mots sur ce que l’on ressent

    • Chut je ne dis rien et je te félicite en secret ! Effectivement beaucoup de choses en commun 🙂 J’ai recommencé à prendre soin de moi aux 2 ans de mon 3ème (il y a 3 ans) … il m’a fallu du temps mais c’était nécessaire 🙂

      • Merci
        Le fait que tu sembles épanouie avec 4enfants et en congé parental me rassure, on peut être une maman à temps plein, heureuse et prendre soin de soi

        • Ah ça oui je le confirme totalement ! La chose la plus importante c’est de ne pas s’y enfermer. Il faut sortir faire des activités annexes et ne pas s’oublier 🙂